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Conférence de presse

Amara Sy : « Partir avec le sentiment du devoir accompli »

L’ambiance en conférence de presse a laissé la place au soulagement du maintien acquis pour Amara Sy et Jean-Christophe Prat.

© Lilian Bordron

Maintenus au terme d’un match tout aussi surprenant que maitrisé, Jean-Christophe Prat et Amara Sy avaient un sourire de circonstance après la dernière rencontre de la saison.

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Amara Sy

C’est quoi l’émotion qui t’arrives en premier ?

Tout d’abord c’est un énorme soulagement. On a vécu deux semaines de grand stress, il fallait le gérer. Je crois qu’on l’a très bien fait. C’est à l’image de notre saison : chaque fois qu’on ne nous attend pas, c’est là qu’on crée l’exploit. Avec l’équipe et le potentiel que l’on avait, on aurait pu assurer ce maintien bien plus tôt dans la saison. Ça montre aussi qu’on a beaucoup de caractère. On a eu chaud, c’est un gros avertissement sans frais. La mauvaise fin de la saison aurait pu nous coûter très cher. Les deux autres équipes pour le maintien ont gagné… Ce soir on sourit, mais il ne faut pas oublier que l’on aurait pu pleurer, et pas de joie comme je l’ai fait juste avant le match. La saison prochaine, on ne sera plus des rookies, ce sera notre deuxième saison. On a un gros potentiel, il y a un énorme engouement autour de ce club, et il faut capitaliser là-dessus pour continuer à grandir. Ça passe par de meilleures performances. J’avais à coeur de revenir sur la fin de la saison pour aider mes coéquipiers, j’ai fait ce que j’ai pu pour partir avec le sentiment du devoir accompli. Aujourd’hui, c’est le sentiment que j’ai et je peux partir en paix.

Comment était l’ambiance à l’entrainement cette semaine ?

Depuis que je suis à Paris, c’est notre meilleure semaine d’entrainement et vraiment de très loin. Tous les entrainements étaient d’une qualité exceptionnelle, car on était dos au mur. C’est dommage que la saison s’arrête maintenant car on aurait pu enchainer quelques belles performances.

L’an prochain, tu intègres la direction du club. Comment tu t’y es préparé ?

Il faut savoir que je sais que je vais arrêter en 2022 le jour où j’ai signé au club. Ma mission sur trois ans était d’arriver en première division, on l’a fait en deux. J’ai réalisé depuis longtemps que j’allais m’arrêter, mais j’aime trop le basket que je vais continuer à jouer, je suis un grand gamin. Si certains veulent que je les tape en 1 contre 1 ce sera avec plaisir.

Tu es déjà dans cette peau là ou c’est encore trop tôt ?

Pour moi, contrairement à 99% des joueurs, c’est une transition facile car je suis déjà dirigeant depuis cinq ans. Je suis président du club de Cergy, président du syndicat des joueurs… Rien ne va changer. Ça va juste devenir mon métier à plein temps, je le faisais bénévolement et je vais être payé pour ça.

Pas grand-chose à dire sur la saison prochaine donc ?

C’est trop tôt, il faut qu’on savoure là. Même pour un joueur comme moi avec 23 ans d’expérience, c’est beaucoup de stress. Entre ma fin de carrière, la priorité de maintenir le club, ce n’était pas facile.

Jean-Christophe Prat laisse entendre qu’il n’est pas sûr de rester, comment tu l’interprètes ?

Ça n’a pas été facile pour lui. Forcément dans un sport collectif, quand ça se passe mal pour une équipe, c’est toujours l’entraineur qui est visé en premier. Il a sa responsabilité comme les joueurs ont la leur. Ce n’est pas lui qui a fait les mauvais choix sur le terrain et envoyait les ballons dans les tribunes. C’est pas pour lui le pourcentage catastrophique aux lancers francs.

Jean-Christophe Prat

Quels mots vous viennent à l’esprit après ce match et ce maintien validé ?

Félicitations aux joueurs. On n’est rien sans eux, ils ont été incroyable. Ils ont tous apporté, même ceux qui ont peu joué. Je n’ai pas de mots pour expliquer à quel point je suis fier d’eux ce soir.

Sortir un tel match, l’un des meilleurs, à ce moment, c’est une belle satisfaction de coach j’imagine ?

Oui car on se dit depuis 15 jours qu’on avait deux finales à jouer, qu’il ne fallait pas avoir de regrets et qu’on ne regardait rien autour de nous. On avait notre destin entre les mains, et c’est tout ce qui nous importait. Je voulais que l’on gagne d’un match et qu’on ne dépende pas des autres. On a très bien travaillé, les laisser seulement à 65 points, c’est remarquable.

Vous êtes à 10 interceptions à la mi-temps ce soir…

Plus que les interceptions, j’avais écrit deux choses : c’est la meilleure équipe dans le jeu rapide derrière interception. Cummings est le meilleur joueur de la division pour cela. La clé, c’était de ne pas perdre de ballon. C’est pour ça que je sors Gauthier (Denis) tout de suite, pareil pour Juhann (Begarin). Et à la mi-temps, on n’a perdu que deux ballons.

Kyle Allman aussi sort très vite, pourquoi ?

On avait un plan de jeu et il ne le respectait pas. Il oublie Hornsby qui marque à 3PTS dès le début. C’est un match à la vie à la mort, il faisait la gueule ce n’est pas grave. Gauthier c’est pareil… Toute l’année je les accompagne, j’essaie de faire jouer les jeunes et de les développer. Si tu fais une erreur sur le plan de jeu, c’est que ta concentration n’est pas à la hauteur.

Vous avez été rassurés assez vite sur la concentration de l’équipe ?

À part Kyle, oui clairement. Il y a eu peu d’erreurs de jeu. Et quand Kyle revient sur le terrain, il a eu un très bon passage. Le moment clé, c’est quand ils décident de passer sur la défense de zone. On a été patients, on a alterné…

Vous sentez la délivrance à quel moment ?

Pour moi, c’est le tir à la dernière seconde de Juhann. Là tu sais que c’est fini. Mais à titre personnel, le moment où je crois qu’on a gagné, je me retourne vers le banc en serrant le poing quand Dustin (Sleva) part au dunk tout seul. Tout le monde me dit « il l’a pas mis ! »… J’aimerai juste dire aussi que l’essentiel était que ce club reste en première division. C’est un club que l’on a tous aidé à bâtir depuis 4 ans, un superbe projet comme partout en France. Si on était descendu, cela aurait été un coup d’arrêt. C’est le seul état d’esprit que j’avais depuis quinze jours : tout pour le Paris Basketball.

Il y a eu une mobilisation particulière du club ?

Non. On a juste pris un bus pour venir ensemble. Quoi qu’il arrive, on fera un happy bus ou un saddy bus. Ce sera un happy bus, on rentre tous à Noisy-le-Grand ensemble. Et puis j’aimerai rajouter une toute dernière chose, elle est au fond de la salle, Amara Sy. Cette semaine, peut-être car il savait que c’était sa dernière semaine d’entrainement, on a eu l’impression d’avoir un gamin de seize ans à l’entrainement. C’est une émotion énorme d’avoir coaché Amara, je vais pas pleurer, mais c’est honneur. Chapeau bas… Mais vous savez quoi ? Il est arrivé en retard ce matin au shooting (rires) ! Il se permet d’arriver en retard pour son dernier shooting, mais il a été excellent. On le resigne même deux ans en tant que joueur…

L’an prochain, vous serez là ?

Je ne sais pas, on verra. J’ai deux ans de contrat, mais j’ai besoin de me poser. Je dois décompresser totalement, je n’ai pas vu mes gosses depuis un mois, j’ai mis la priorité sur le basket. On fait un métier où on peut négliger notre entourage, mais j’ai besoin de me ressourcer auprès de mes proches. J’ai commis des erreurs, il y a des choses que j’ai bien faites et d’autres moins. C’est pas le sujet ce soir, c’est le Paris Basketball. Je veux aussi remercier mon staff, qui est jeune. Bienvenu Kindoki, Emmanuel Coeuret, Antoine De Franciosi… Je vais pas tous les citer mais bravo. J’oublie pas le staff administratif, ni Paris Basketball On Air qui font du super boulot. C’est une belle communauté qui s’est créée. Regardez les supporters qu’on a en seulement quatre ans, c’est chouette.

Rédacteur en chef de Paris Basketball On Air

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