Suivez-nous sur

Focus

Face au Covid, le coaching staff du Paris Basketball s’est adapté

Malgré une fin d’année perturbée par le Covid, le Paris Basketball a terminé 2021 par deux victoires probantes face à Orléans et Chalon-Reims. Le staff technique parisien s’est confié sur les adaptations qu’il a dû effectuer en raison du contexte sanitaire au club.

Emmanuel Coeuret, Jean-Christophe Prat et Bienvenu Kindoki racontent les coulisses des deux matchs contre Orléans et Champagne Basket. © Archives Lilian Bordron

Jeudi 23 décembre 2021. Synonyme de veille du réveillon de Noël pour beaucoup mais le début des maux de tête pour le Paris Basketball en cette fin d’année. Le matin du match face à Orléans, l’entraîneur parisien Jean-Christophe Prat ne se sent pas bien. Un test au Covid-19 viendra confirmer ce qu’il craignait, il est positif au virus. Le Paris Basketball va alors devoir se passer de son entraîneur principal pour les deux derniers matchs de l’année. Une situation loin d’être évidente alors qu’à ce moment précis, le club de la capitale reste sur trois larges défaites de plus de 20 points et s’apprête à disputer deux matchs couperets pour le maintien, face à Orléans puis Champagne Basket.

« La première fois en 25 ans que je loupe un entraînement »

Débute alors toute l’adaptation du staff technique parisien pour s’habituer à une situation particulière mais malheureusement pas si inédite en cette période de crise sanitaire. Contraint de s’isoler, Jean-Christophe Prat doit ainsi donner ses directives à distance, à ses deux adjoints, Bienvenu Kindoki et Emmanuel Coeuret, chargés de prendre les rênes de l’équipe. « Pour le match d’Orléans, on s’est juste vu brièvement et avec une certaine distance avec Bienvenu et Emmanuel pour préparer le briefing d’avant-match. Ensuite, pour préparer la venue de Chalon-Reims, on s’est beaucoup eu au téléphone. On a préparé les séances ensemble. Mais c’était beaucoup de stress ces trois jours de préparation car il y a eu le test positif de Juhann (Begarin). Jusqu’au dernier moment, on ne savait si on allait jouer le match. Il y a du stress mais aussi beaucoup d’entraide et de solidarité. »

« Cette situation aurait pu perturber les joueurs, notamment sur la préparation d’avant-match, donc on a essayé d’amener beaucoup d’enthousiasme, d’aspects positifs, afin que cela se passe le mieux possible. »

Emmanuel Coeuret, entraîneur adjoint du Paris Basketball

Un stress de tous les instants pour Jean-Christophe Prat, y compris et même plus particulièrement pendant les rencontres. Le Covid a contraint le technicien de 49 ans a devoir suivre pour la première fois de sa carrière sa propre équipe à distance : « C’est la première fois en 25 ans que je loupe un entraînement. Ça ne m’était jamais arrivé. Ne pas être dans la salle et devoir regarder sur son ordinateur, c’est presque pire que le Covid. J’ai failli casser l’ordi plusieurs fois. C’est horrible. Et encore, on est sur des matchs où ça se passe bien. Tu vois des choses que tu as envie de corriger mais tu ne peux rien faire, tu es spectateur. Ce n’est pas simple. Tu passes par de multiples émotions mais tu n’as pas le choix. »

Un travail d’équipe

Mais l’entraîneur du Paris Basketball a pu compter sur son staff technique, composé de ses deux adjoints, Bienvenu Kindoki et Emmanuel Coeuret. Si le premier nommé est présent à Paris depuis la création du club, le second, également entraîneur des Espoirs, dispose d’une longue expérience d’entraîneur en LFB (Ligue Féminine de Basket). Réputé comme un excellent formateur de jeunes joueurs de talents, Jean-Christophe Prat se plaît également à développer son staff. Ce qui permet, même en son absence physique, de garder une ligne directrice. « Il faut savoir qu’en amont des matchs, on prépare les rencontres en staff, explique Bienvenu Kindoki. En plus du coach, il y a l’aspect du scouting dont je fais partie au même titre que Manu (Coeuret) ainsi que d’autres personnes. Ce qui fait qu’on prépare chaque match tous ensemble. Tout le monde a les grands axes de travail de la semaine par rapport aux adversaires. On connaît le plan du match pour tenter de le remporter. » Ce qui n’a évidemment pas empêché Jean-Christophe Prat d’envoyer quelques sms à la mi-temps des deux matchs sur les corrections éventuelles à apporter.

Bienvenu Kindoki et Emmanuel Coeuret lors du match face à Chalon-Reims. © Lilian Bordron

S’il y a eu répartition des tâches entre les systèmes offensifs et défensifs, Bienvenu Kindoki et Emmanuel Coeuret l’assurent, toutes les décisions et autres discours se sont faits de concert, afin de donner l’impression de parler d’une seule et même voix. « On est tous au diapason, sur la même ligne, souligne Emmanuel Coeuret. Cette situation aurait pu perturber les joueurs, notamment sur la préparation d’avant-match, donc on a essayé d’amener beaucoup d’enthousiasme, d’aspects positifs, afin que cela se passe le mieux possible. D’autant qu’on était en effectif réduit et que les joueurs étaient fatigués. »

Bienvenu Kindoki dans la peau d’entraîneur principal

Sur le bord du parquet en tout cas, on a vu un Bienvenu Kindoki endosser l’étiquette de « coach principal ». Plutôt discret et réservé dans son rôle d’assistant, on l’a vu constamment debout lors des deux rencontres face à Orléans et Chalon-Reims, donnant de la voix pour galvaniser les troupes. Présent depuis le tout début aux côtés de Jean-Christophe Prat, il avait déjà pu endosser cette casquette à de rares occasions, notamment lorsque le coach venait à être exclu en cours de rencontre. La saison dernière, Bienvenu Kindoki était même venu répondre, accompagné de Jean-Christophe Prat, aux questions des journalistes en conférence de presse après une victoire en championnat contre Denain.

Ryan Boatright, décrit comme « un coach sur le terrain » par Jean-Christophe Prat, lors d’un temps-mort aux côtés de Bienvenu Kindoki. © Lilian Bordron

Cette expérience de quelques jours dans la peau d’entraîneur principal, « galvanisante » selon ses propres dires, pourrait-elle accroître son envie de prendre en main sa propre équipe un jour ? « Entraîner à haut niveau, cela fait partie de mes objectifs, déclare celui qui a déjà entraîné au niveau N2 et N3. C’est pour cela que je suis entraîneur adjoint. J’ai une de mes compétences qui est le développement technique. C’est l’une de mes forces mais ce n’est pas la seule chose que je sais faire. Si j’ai pu montrer que j’étais capable de prendre en main une équipe professionnelle, c’est une bonne chose. Mais Jean-Christophe le savait déjà et c’est pour ça qu’il m’a à ses côtés »

Un acte fondateur de la saison ?

Au final, même en l’absence de son bâtisseur, le Paris Basketball a su relever la tête, et de fort belle manière, que ce soit par une entame de match tonitruante à Orléans ou une maîtrise collective contre Chalon-Reims. L’adjoint Emmanuel Coeuret fait une remarque implacable mais dont il est parfois bon de se rappeler en tant qu’observateur du jeu : ce sont les joueurs qui jouent et font les matchs. « Que ce soit un tel ou un tel, cela ne change pas forcément les choses, suggère Emmanuel Coeuret. Je prend pour exemple l’absence de Pablo Laso avec le Real Madrid (N.D.L.R : le coach du RMA a été testé positif au Covid mi-décembre), qui a gagné deux matchs sans son entraîneur. Le mérite du groupe est d’avoir été réceptif, attentif et d’avoir créer du jeu, quel que soit le coach. »

Alors, cette parenthèse des fêtes de fin d’année complexe extra-sportivement mais au dénouement heureux peut-elle être un acte fondateur du groupe parisien ? « Je le souhaite mais je ne sais pas », avoue Jean-Christophe Prat. En tout cas, cette période de regain peut servir de base de travail. Dustin Sleva a terminé l’année en trombe tandis que le meneur Ryan Boatright a débouché le champagne contre Chalon-Reims pour célébrer son anniversaire et le meilleur match de sa saison. « On doit avancer à partir de cela. On est capable du meilleur comme du moins bon. On ne veut pas revivre ce qu’on a vécu au début du mois de décembre », prévient Bienvenu Kindoki.

Pour vérifier cela, rendez-vous le dimanche 9 janvier 2021 face à Limoges. Match qui sera diffusé sur la chaine de télévision Beinsports en plus de l’utile mais bien moins visuelle LNB TV. Cela fait décidément assez de raison pour ne pas louper le premier match du Paris Basketball en 2022.

Clique ici pour commenter

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Facebook

Twitter

Instagram

ÉCOUTEZ NOUS EN PODCAST

INTERVIEW : GAUTHIER DENIS